Historique

Article paru dans le numéro 3 (Mai/Juin 2007) de la revue « le Messager de l’Eglise Orthodoxe Russe » (depuis lors, notre paroisse possède un prêtre à demeure et celle de Tous les Saints a intégré sa chapelle propre).

« Si vous poussez les portes de la chapelle, au cœur du quartier historique de la Petite France, vous y serez désormais accueillis par l’icône des Trois Saints Hiérarques, symbole de la récente réception de notre paroisse dans le diocèse de Chersonèse. Elle voisine avec celles de St Grégoire Palamas et Ste Attale, ses patrons depuis sa création en 1985. Ses fondateurs, un petit groupe de fidèles de l’ECOF (Eglise Catholique Orthodoxe de France), alors diocèse de l’Eglise Orthodoxe Roumaine, avaient découverts la « prière de Jésus » et se plaçaient ainsi dans le sillage de celui qui s’est efforcé d’en donner une expression théologique. Le choix de Ste Attale (8ème siècle), nièce de Ste Odile et patronne de Strasbourg manifestait le souci d’enracinement local de cette nouvelle communauté.

Desservie dès 1989 par un prêtre résidant (et ce jusqu’en 2000), elle s’est alors développée par l’intégration régulière de nouveaux paroissiens, catholiques ou protestants de souche, mais aussi quelques non baptisés. Pour les occidentaux que nous sommes, la découverte de l’Orthodoxie était une sorte d’illumination, vécue avec enthousiasme et élan. Nous avions, pour la plupart, le sentiment d’arriver « là où nous devions aller » ! Certains étaient attirés par la beauté liturgique, d’autres par le primat de l’expérience mystique, celui de la vie sur le discours théologique. D’autres encore cherchaient une dimension communautaire: la paroisse n’est-elle pas en effet le lieu par excellence, le laboratoire ou s’exercer à des relations fraternelles à l’image de celles qui règnent au sein de la Divine Trinité ? Il est vrai qu’elle a  toujours été privilégiée: avec au centre la liturgie et les offices (les vêpres sont célébrées deux fois par semaine) qui débordent vers des activités communes (agapes, atelier d’iconographie, stages de chants, retraites, pèlerinages, promenades…).

Les difficultés liées à la situation canonique de l’ECOF et notre recherche d’une vraie communion nous ont finalement amené, au sein de l’Union des Associations Cultuelles de Rite Occidental, à nous adresser à l’Assemblée des Evêques Orthodoxes en France.

Entre-temps, il y a près de 4 ans, le hasard (Bernanos parle à son sujet de « la logique de Dieu ») nous a fait rencontrer le Père Nicolas Nikichine venu jeter les bases d’une paroisse du diocèse dans la capitale alsacienne. Notre petite chapelle a ainsi accueilli la paroisse de Tous les Saints naissante. Depuis, cette dernière a acquis un statut stavropégial et le Père Philarète est arrivé il y a un an pour la desservir. Essentiellement slavophone, elle célèbre toujours dans notre chapelle, en attendant d’intégrer un local actuellement en rénovation, plus adapté à une vie paroissiale régulière.

Lorsque l’année dernière, à l’invitation de l’AEOF, nous eûmes à décider de notre orientation ecclésiale, il nous sembla avoir été conduits. Des liens avaient été noués, avec les prêtres du diocèse venus régulièrement de Paris et nombre de fidèles. Et puis, nous revenions à nos racines: l’Eglise Patriarcale, la confrèrie St Photius (avec  Vladimir Lossky, Eugraph et Maxime Kovalesky en particulier) qui avait contribué à la création de la Paroisse des Trois Saints Hiérarques et œuvré au développement de l’Orthodoxie en Occident et dont nous sommes, modestement, les héritiers. En réponse à notre requête Mgr Innocenti donna sa bénédiction pour qu’une vie liturgique puisse se mettre en place, sous la responsabilité du Père Nicolas. Après plusieurs mois dans ce cadre, le Synode a officialisé notre entrée dans le diocèse de Chersonèse le 6 octobre 2006 dernier.

Désormais, nous accueillons avec joie quelques nouveaux fidèles, orthodoxes de naissance pour la plupart dont la présence témoigne de l’entrée véritable de notre paroisse dans la communion ecclésiale. Sans prêtre sur place (seul son diacre est résidant), la vie liturgique n’est pas encore plénière mais nourrit l’approfondissement de la foi orthodoxe de notre communauté et de chacun de ses membres.

Cet approfondissement, dans cette période d’apprentissage et de recomposition de notre paroisse, nous souhaitons le vivre en Eglise, en nouant des relations avec les autres communautés du diocèse et les paroisses orthodoxes de Strasbourg. En effet,  comme le Père Cyrille Argenti, prêtre grec de Marseille aimait à le dire, l’Eglise n’est-elle pas aussi « une contagion d’amitié nourrie par la foi et par la prière » ? »

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